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Le Maréchal d'Estrées En 1605, le maréchal d'Estrées remet aux moines de la Chartreuse de Vauvert, à Paris, un manuscrit révélant la formule d'un "élixir" (contenant la quasi-totalité des plantes médicinales de l'époque), dont nul ne sait l'origine. A cette époque, en effet, seuls les moines et les apothicaires possèdent les connaissances nécessaires au travail des plantes. En 1611, le Cardinal de Richelieu remercie avec chaleur le Révérend Père de la Chartreuse de Paris; celui-ci lui avait envoyé un bézoard l'ayant soulagé d'une "fâcheuse maladie". (bézoard : pierre trouvée dans l'appareil digestif de certains animaux, à laquelle on attribuait des vertus médicinales). Trop complexe, la recette de cet élixir - surnommé "Elixir de longue vie" - semble n'avoir été que partiellement utilisée pendant plusieurs décennies à Paris. En 1737, le Monastère de la Grande-Chartreuse (proche de la ville de Grenoble) décide d'en faire une étude exhaustive. L'apothicaire de la Grande-Chartreuse, Frère Jérôme Maubec, est chargé de cette tâche. Il parvient à fixer définitivement la formule de ce qui devient l'Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse. |
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Sur les marchés La commercialisation de l'Elixir est alors très limitée : c'est Frère Charles qui, à dos de mulet, va le vendre sur les marchés de Grenoble et de Chambéry. Arrêté puis envoyé à Bordeaux, ce dernier trouve le moyen de faire passer hors de sa cellule le document à un de ses amis Dom Basile Nantas. |

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Une commission des remèdes secrets |
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Drames Pendant cette même période, l'Etat français vend leur marque à un groupe de liquoristes qui créent la "Compagnie Fermière de la Grande Chartreuse". Cette société, dont la production n'a rien à voir avec la vraie Chartreuse, cesse ses activités en 1929. Les moines retrouvent alors l'usage de l'appellation Chartreuse; ils reprennent la distillation en France, dans leur ancienne distillerie de Fourvoirie, proche du Monastère de la Grande Chartreuse. Ces bâtiments sont détruits en 1935 par un éboulement de terrain. La fabrication est alors transférée à VOIRON, où elle est toujours réalisée, après le travail de sélection des plantes effectué à l'intérieur même du Monastère. (lire ici : "la fabrication aujourd'hui") . C'est la société CHARTREUSE DIFFUSION (Voiron) qui, depuis 1970, est chargée du conditionnement, de la publicité et de la vente des produits élaborés par deux chartreux. Investis de cette mission par leur Ordre, deux moines travaillent dans le plus grand secret et sont seuls à connaître les détails de la production. Aujourd'hui comme hier, la formule reste un mystère que les méthodes modernes d'investigation n'ont pu percer. |

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Une si longue histoire... |
![]() L'Odyssée de la Chartreuse : Exposition permanente aux Caves de la Chartreuse |
